“IL N’Y AURA PAS DE BOOKMAKERS EN FRANCE”
Entretien Le Parisien / Eric Woerth, ministre du budget.
Le rapport Durieux, remis au Premier ministre, préfigure l’ouverture à la concurrence du marche des jeux en ligne. Cela signifie-t-il que la Commission européenne a eu la peau du monopole du PMU et de la Française des jeux ?
Ce n’est pas sous pression de Bruxelles que nous agissons (NDLR : on ne rit pas
). La France regarde les choses lucidement. Il y a actuellement dans notre pays 30 à 35 milliards d’ euros de paris légaux par an et entre 8 et 10 milliards d’ euros de jeu illégal. Les outils technologiques ont changé la donne. La France doit s’orienter vers un nouveau modèle. C’est pourquoi, en liaison avec Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier, je vais proposer au président de la République et au Premier ministre de procéder à une ouverture maîtrisée et régulée du marché.
Concrètement, que préconisez-vous en matière de paris hippiques ?
Il faut les faire évoluer. On ne peut pas camper sur le statu quo. A l’avenir, nous souhaitons que le pari mutuel demeure. Cela signifie qu’il n’y aura pas de paris à cote fixe ni de bookmakers. Nous voulons aussi que la contribution des joueurs au financement budgétaire de l’Etat et au financement de la filière hippique soit conservée. Dans un premier temps, il serait peut-être préférable de n’ouvrir à la concurrence que la distribution des paris, le PMU conservant son rôle d’organisateur des paris. Les opérateurs devraient pour cela être agréés et posséder une licence. Dans un deuxième temps, si jamais on devait autoriser l’organisation de paris à d’autres opérateurs que le PMU, ceux-ci devraient de toute façon être soumis au même cahier des charges et au même traitement fiscal que le PMU.
Et pour les paris sportifs ?
Il faut pouvoir ouvrir ce secteur tout en définissant clairement ce qu’est un pari sportif. Ce n’est pas parier sur
la couleur des yeux d’un joueur de tennis. Le pari doit être lié à la performance elle-même, sinon c’est la source de tous les trafics. Un autre sujet à trancher sera le droit des organisateurs sur les paris. Lors du dernier Open de tennis de Paris-Bercy, les paris ont généré entre 500 millions et 1 milliard d’ euros de chiffre d’affaires. C’est considérable et l’organisateur, comme l’Etat français, n’a rien vu.
Comptez-vous autoriser les jeux de casino ?
Dans ce secteur, il y a plusieurs types de jeux, et notamment les jeux de machines à sous, qui, à mon sens, doivent être totalement prohibés en ligne parce ce que ce sont les plus addictifs. La question doit en revanche être examinée en ce qui concerne le poker et les autres jeux de table.
Quelle fiscalité envisagez-vous ?
Les choses sont très ouvertes. Il faut monter un système efficace et protecteur des ressources de l’Etat et de
la filière hippique. Aujourd’hui, le produit des jeux en France est de 5,3 milliards d’ euros. C’est un montant très important qu’il faut protéger et développer.
Quel sera le calendrier de cette ouverture ?
Ce sera au président de la République et au Premier ministre d’arbitrer, mais mon sentiment est qu’il ne faut pas se précipiter. L’année 2008 devra servir à préciser les choses pour ensuite lancer le cas échéant une phase d’expérimentation courant 2009, début 2010.Cela permet-trait aux opérateurs, une fois qu’on aurait défini le cadre, de s’organiser.
http://jeux-argent.blog.20minutes.fr/archive/2008/04/09/le-gouvernement-annonce-enfin-l-ouverture-du-marche-des-pari.html
——–
Même si l’ouverture va se faire très lentement, c’est un commencement. Attendons maintenant plus en détails les modalités de cette ouverture et les avantages qui pourront en découler autant pour les internautes que pour les professionnels.